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La CIA a été fondée en 1929, à la suite de la fusion de cinq caisses de pensions, dont la plus ancienne datait de 1839. Actuellement, avec près de 35’000 membres actifs et pensionnés, la CIA est la plus grande des caisses de prévoyance publiques du canton de Genève. Elle assure notamment l’ensemble des fonctionnaires de l’administration centrale de l’Etat et les enseignants de l’instruction publique.
Le 75ème anniversaire de la CIA, en 2004, était l'occasion de s'atteler à un travail de mémoire. Il en a résulté un ouvrage dont le sommaire figure ci-dessous. Chaque chapitre a été résumé par M. Michel DUCOMMUN. |
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D'une caisse de 23 régents, fondée en 1839, à la CIA de 35'000 membres d'aujourd’hui, l’évolution est gigantesque. Pourtant, les prestations principales ont peu varié pendant un siècle, alors que les cotisations ont presque triplé, passant de 9% à 24%. Pour sa part, la garantie de l'Etat, une constante dans cette histoire mouvementée, a surtout été mise à contribution lors des premières décennies.
La CIA résulte de la fusion en 1929 de cinq caisses fondées au dix-neuvième siècle : les caisses des régents, des enseignants secondaires, de l’administration, de l’enseignement enfantin, et de l’université. Son développement est ponctué par de nombreux débats et études sur son système financier... jusqu’à la décision, en 1979, de quitter la capitalisation intégrale au profit d'un système mixte. Les débats n’en sont pas pour autant terminés.
Dès son origine, la Caisse se caractérise par un fonctionnement démocratique : une assemblée des membres forme le législatif et élit un Comité. Les membres de ce Comité assument toute la gestion à côté de leur activité professionnelle. Ce n'est qu'en 1972 qu'un secrétariat formé de professionnels commence à prendre en charge les tâches administratives. Enfin la gestion de la fortune évolue avec le développement de la Caisse. D'abord limitée aux seuls placements en emprunts des pouvoirs publics, elle s'ouvre à l'immobilier dès 1933, puis à d’autres investissements pour aboutir à l'allocation actuelle des actifs, rendue possible par la professionnalisation du Secrétariat et le recours à des mandataires externes. |
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La CIA est caractérisée par des structures très démocratiques, qui laissent une place importante aux membres salariés et, ce qui est exceptionnel en Suisse, aux membres retraités. L’organe suprême est l’Assemblée des délégués (ADE), élue par les salariés et les retraités, qui vote les statuts et les grandes orientations telles que la stratégie de placements ou la politique immobilière et mobilière.
Un Comité de 40 membres, paritaire depuis l’introduction de la LPP, est l’organe exécutif. Il s’est doté de plusieurs commissions. Les membres du Comité doivent faire preuve d’un certain engagement personnel, mais cela leur permet de jouer un rôle actif dans la gestion et l’orientation de la Caisse. Les présidences du Comité et des Commissions sont également paritaires par alternance, ce qui valorise le rôle des représentants des salariés. Une Commission de contrôle de gestion, élue par l’ADE, vérifie que le Comité respecte bien les décisions et orientations de l’ADE. La Caisse est soumise à divers contrôles : le Grand Conseil approuve les statuts ; le Conseil d’Etat et le Service de surveillance des fondations et des institutions de prévoyance exercent une surveillance de l’institution ; des contrôles actuariels et fiduciaires sont effectués régulièrement par l’expert agréé et l’organe de contrôle. |
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Lors de sa fondation, la CIA ne dispose pas des capitaux nécessaires pour assurer ses engagements. Pour les caisses préexistantes, l'Etat assurait le versement des pensions lorsque le compte nominatif de chaque sociétaire était épuisé. C'était une garantie des prestations mise en pratique !
En 1928, l'Etat décide de doter la CIA des capitaux nécessaires, s'engageant à verser 1,3 million pendant 40 ans. Cette promesse est respectée pendant quatre ans avant d’être remise en cause. Suivent une quarantaine d'années marquées par des difficultés financières, par des études sur un abandon de la capitalisation et par des conventions entre la CIA et l'Etat. C'est en fait depuis l'introduction, en 1979, d'un système financier mixte que la Caisse respecte, sans aide extraordinaire de l'Etat, son système financier. Cet accès à l’autonomie se traduit aussi dans l'utilisation de sa fortune. De 50% plus ou moins à la disposition de l'Etat, elle aboutit à la diversification actuelle de l'allocation des actifs. |
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Dès sa création, la CIA révise régulièrement ses statuts. Révisions qui touchent : Le fil conducteur de ces nombreuses modifications se trouve dans la recherche d'un équilibre entre le besoin de garantir un équilibre financier et le souci de défendre ou d’améliorer les prestations. |
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Dès les années 40, les discussions sur le système financier reviennent régulièrement sur le devant de la scène. A l'origine, la CIA est fondée sur le système de la capitalisation – les cotisations de chaque membre ont pour but, hormis la couverture des risques, d'accumuler un capital qui permettra de payer les rentes ou la prestation de sortie. Les difficultés liées à ce système apparaissent particulièrement en période d'augmentation importante des salaires, que ces augmentations soient réelles ou résultent simplement de l’adaptation au renchérissement. D'importants rappels sont nécessaires pour que le capital accumulé et les rentes correspondantes puissent suivre la progression des salaires. C'est donc pendant les périodes d'importantes adaptations salariales que sont réalisées des études envisageant le système de répartition, dans lequel les cotisations de chaque membre ont pour but de payer les rentes versées aux bénéficiaires la même année. Ce système est moins sensible aux adaptations salariales, mais exige la pérennité de la Caisse, c’est à dire la garantie qu'il y aura toujours des actifs pour payer les pensions. Pendant près de 40 ans, ces études préconisent toujours le maintien de la capitalisation. En effet, la quasi totalité des actuaires et des « spécialistes » font une sorte d'acte de foi envers la capitalisation, et une majorité croit que les seules garanties solides sont celles offertes par le capital.
Dès 1981, et sans remettre en cause l'idée d'un système mixte, certains, dont l'actuaire de la CIA, veulent que référence soit faite aux engagements actuariels pour définir le capital que doit posséder la Caisse. Le capital ne doit pas se limiter à produire des intérêts, il doit garantir une partie des engagements. Ce n’est plus une capitalisation intégrale, mais partielle. |
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Cette réintroduction d'une capitalisation, même partielle, est contestée par une minorité du Comité. Il s'ensuit quatre ans de débats, avec des majorités changeantes à l'ADE, à deux voix près. Finalement, un compromis est trouvé, encore en vigueur : le système est bien défini comme celui de la répartition avec fonds de réserve, mais ce fonds ne peut être inférieur à 50% des engagements actuariels sur une période de 20 ans. En 1991, l'expertise actuarielle aboutit à la conclusion qu'une augmentation des cotisations est nécessaire pour respecter l'équilibre financier défini par le système pour les 20 années suivantes. Cette augmentation est refusée par l'ADE, qui refuse également un changement de système. Le Conseil d'Etat, en tant qu'autorité de surveillance, impose alors cette augmentation du taux de cotisation, malgré un nouveau compromis sur le système financier accepté cette fois par l'ensemble des instances de la Caisse. L'expertise actuarielle du 31 décembre 1995 conduit à la création d'un groupe de travail mandaté pour réfléchir à une amélioration de l'équilibre financier de la Caisse, sans modifier la qualité globale des prestations. Ses travaux conduisent à l'établissement du plan de prévoyance, puis des statuts actuels de la CIA, entrés en vigueur le 1er janvier 2000. |
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La CIA s’est organisée et fonctionne démocratiquement. Ses structures ne sont donc pas des coquilles vides. Cette caractéristique résulte essentiellement de la volonté des membres et de leurs organisations d'être actifs dans la vie de la Caisse, et de la volonté du Comité de garantir au maximum une bonne information, gage d'un fonctionnement démocratique. CIA Info périodique, rapports de gestion annuels particulièrement étoffés, bordereaux individuels de renseignements annuels ou plus fréquents au besoin, site Internet, etc., autant d’éléments qui manifestent la volonté de transparence de la CIA et pour lesquels elle a été primée. |
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L’évolution de la gestion de la fortune de la Caisse se développe selon trois axes: • Le cadre légal ou statutaire La Caisse n'a jamais été libre de gérer sa fortune comme « bon lui semble ». Des limites sont définies soit par l'Etat de Genève en tant qu'employeur et/ou autorité de surveillance, soit par les lois fédérales. Au cours des années, ces limites ne cessent d'être élargies et la CIA fait généralement usage de cet accroissement de compétences en matière de placements. Lors de la fondation de la CIA, seuls des fonds d’Etat suisses, des dépôts dans des banques cantonales ou des prêts à ses membres sont autorisés par les statuts. La possibilité d’acheter des immeubles date de 1932 et c’est en 1985 que la LPP permet une large diversification incluant les actions. Le Conseil d'Etat impose encore aujourd'hui une limitation des investissements en « capital développement » à 1% de la fortune de la Caisse. • L’équilibre entre la sécurité des placements et la recherche d’un bon rendement L'élargissement des possibilités de placements répond historiquement au souhait de permettre aux caisses d'améliorer leur rendement, au prix d'une augmentation du risque. L’immobilier prend vite une place importante à la CIA, pour diverses raisons : le risque est évalué comme faible ; l’immobilier a tendance à maintenir sa valeur en période de forte inflation ; il garantit un revenu consistant et stable s’il va de pair avec l’application d’une politique cohérente et responsable.
La recherche du meilleur rapport sécurité/rendement se concrétise encore davantage dans les années 90 par la définition d'une allocation des actifs. Elle répartit les placements en, grosso modo, un tiers d'obligations et prêts, dont des hypothèques aux membres, un tiers d'actions et un tiers d’avoirs immobiliers, avec une diversification importante pour chaque classe d'actifs, afin de diminuer les risques. Maintenir cette allocation des actifs suppose des « rebalancements », pour rétablir la proportion souhaitée quand l’un ou l’autre de ces actifs prend ou perd de la valeur. Ce qui revient à vendre des actions quand elles se portent bien, et à en acheter quand elles se portent mal ! Parallèlement à la diversification des actifs se développe une professionnalisation de leur gestion. Au Secrétariat, la division immobilière confie la gestion courante du parc immobilier aux régies privées, mais prend en charge son contrôle, l'attribution des logements, l'entretien et la rénovation des bâtiments, la recherche de nouvelles acquisitions, le rôle de maître d'oeuvre pour les immeubles construits par la CIA. La division financière gère en interne les obligations suisses et garantit le suivi avec les banques mandataires pour les autres actifs mobiliers. • Une politique de placements qui respecte une exigence sociale et éthique Le constat que la fortune gérée est celle des salariés, et le fait que ces derniers participent à cette gestion, donnent une importance particulière à la volonté de considérer les aspects sociaux des placements. Dès les années 80, la Caisse ne fait plus de placement dans des obligations liées au nucléaire. Ces préoccupations sociales influencent fortement les placements immobiliers. La CIA se sent le devoir de jouer un rôle pour répondre aux besoins prépondérants de la population, particulièrement face à la crise endémique du logement que connaît Genève et aux effets de la spéculation immobilière. Une politique immobilière traduisant cette volonté sociale tout en préservant un rendement satisfaisant est développée par la Caisse dès 1985, qui se traduit par :
• un parc immobilier constitué majoritairement de logements à loyers accessibles pour la population ; Il est logique que ce sentiment de responsabilité sociale se manifeste aussi dans les placements en valeurs mobilières. Il se traduit par l'exclusion des portefeuilles détenus par la Caisse de secteurs tels que l'armement, le tabac, les jeux de hasard ou le nucléaire, par des mandats dans lesquels l'évaluation sociale, écologique et économique des entreprises est prise en compte, par des interventions dans des assemblées générales d'actionnaires. Dans cet esprit, la CIA a grandement contribué à la création de la Fondation Ethos, dont le but est de gérer des fonds dans l’optique du développement durable. |
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En 2000, l'effondrement des valeurs boursières marque le début d'une situation économique difficile qui perdure depuis. Les conséquences dans le domaine des assurances sociales et, en particulier, dans celui de la prévoyance professionnelle sont importantes : • Crise de confiance: le système des trois piliers est un sujet prisé par l'actualité et est parfois remis en cause. • Le Conseil Fédéral impose la baisse du taux minimal LPP à 3,25% au 1er janvier 2003 et à 2,25% au 1er janvier 2004. • La plupart des institutions de prévoyance, qui avaient investi dans les actions se trouvent dans des situations délicates. Au 1er janvier 2003, on estime que plus de la moitié de ces institutions sont en situation de déficit technique.
La prise de conscience a débuté, et tous les acteurs sociaux, économiques et politiques commencent à esquisser de possibles solutions. Malgré les grands enjeux et défis que la CIA trouvera sur le chemin l’amenant vers son centenaire, en 2029, la Caisse dispose de tous les atouts nécessaires pour traverser le prochain quart de siècle. |
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